(ENG?, FR) Les livres ne sont pas fait pour les consommer en deux semaines

 


 ❤. Here's another association of random ideas I got from studying the history of the Moniteur Universel. WILL I TRANSLATE IT TO A UNIVERSAL LANGUAGE? Now, what a good question! Perhaps one day I will, perhaps I won't... For now, be content with a language spoken across all continents.


LA CONSOMMATION DU ROMAN
Aujourd'hui, je me retrouve à étudier Théophile Gautier, écrivain français du 19e siècle. Son œuvre la plus célèbre est dite « court roman » ou « longue nouvelle ». Débat sur les genres à part, la longueur de cette histoire intitulée "Jettatura" est d'environ 200 pages ; néanmoins, elle a été publiée en 15 feuilletons, du 23 juin au 25 juillet 1856, dans Le Moniteur Universel. Si on prend ce journal comme exemple pour tous, étant donné la valeur historique qu'il a eue pour la France dans sa période d'activité entre 1789 et 1901, on peut reconstruire, sans trop deviner, la consummation de la littérature au temps post-révolutionnaire. Bien évidemment, les lecteurs et les lectrices ont eu un mois presque complet de rendez-vous pour suivre l'histoire, et pas deux heures pour la terminer, en compétition avec eux-mêmes. Les publications en feuilleton étaient déjà populaires, comme le montre un commentaire de Mme Panckouche, fondatrice du journal, qui le voulait "à la manière anglaise". Notamment, Le Moniteur devint ce qu'on peut appeler un journal "national", apprécié pour la publication méticuleuse, grâce à la sténographie, des débats tenus à l'Assemblée générale. Les espaces de la publication "in folio" vont transformer la structure des intérêts d'un public de classe moyenne. Dans ce cadre, la littérature trouve son espace, d'abord dans une publication supplémentaire, puis dans le journal, sous la forme d'un "roman-feuilleton".
DES PETITES CONSIDéRATIONS SUR LA FRUITION "COUPéE"
Si quelqu'un d'entre vous continue à regarder des séries télé "à la vieille manière", peut-être les séries turques d'aujourd'hui, vous êtes familiers avec la réflexion qui suit la fin de l'épisode, que bien évidemment on n'a pas quand on fait du "binge watching" . Venant d'un vieux système, j'ai essayé de regarder des séries en peu de temps et j'ai constaté que plus elles sont modernes, plus il est facile de les regarder d'un coup, voire sans être très attentif. Au contraire, pour des séries, on va dire, avant Netflix, je trouvais ça impossible, parce qu'il y a des épisodes qui me donnent un grand besoin de faire une pause, de regarder le vide en réfléchissant. Attention, je ne crois pas que cela nous informe sur la qualité, concept abstrait qui oppose nécessairement un passé idéal et un présent en décadence (je me garde bien de ce type de généralisation). Bien évidemment, si la modalité de consommation change, il est quand même intéressant de noter comment le roman, la forme la plus flexible de nos temps et parent naturel de la série télé, s'adapte. On va pas trop réfléchir sur la fruition passive et active (même parce que je viens d'écrire un autre truc sur tout ça heyyyyy): narrer c'est jeter un coup d'œil sur quelque chose; si bien réalisée, une série ne peut qu'être un enrichissement du roman traditionnel. Cependant, la densité narrative est en train de changer ; les cliffhangers ont perdu leur rôle dans certains contextes, l'anticipation, le public, ont de nouveaux espaces (pensez à la Marvel).
LA LITTÉRATURE EST INFLUENCÉE PAR TOUT ÇA
Même si les lecteurs de TikTok aiment se considérer au-dessous des consommateurs des autres médias et considèrent la page imprimée absolument au-dessous de tout produit audiovisuel, ils restent fortement influencés par les nouvelles tendances. Le roman, qui est vraiment un genre-éponge, absorbe tout ça et se transforme en lectures moins denses. Je m'en fiche du décalage entre passivité et activité ; faire du binge-reading, c'est exactement la même chose que faire du binge-watching. Préférer la lecture ne te rend pas automatiquement plus intelligent.
CONCLUSION?
On va pas faire la morale à ceux qui font du binge-reading ou du binge-watching, mais si vous sentez que la transition de ces derniers temps est trop rapide, considérez lire les grands classiques de la bonne façon : vérifiez la période de publication et essayez de lire selon ces schémas. Souhaitez un rendez-vous hebdomadaire avec votre roman. Je fais confiance à cette méthode, pas parce que c'est la panacée au mal de nos temps, mais parce que c'est quelque chose de différent. Voir alternative. En outre, ça permet de rester un peu plus dans le roman (ou la série un peu datée), de se prendre son temps, de vraiment prendre part à une sorte d'évasion.
Voilà tout ce qui se passait dans ma tête aujourd'hui. J'espère que vous essayerez mon expérience. Dites-moi si vous faites la même chose et on se revoit à une autre association d'idées !


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