(ENG, FR) Nos ancêtres, ou comme un roman italien a presque tué un homme dans la jungle

❤FELLOW ANGLOPHONES, I KNOW THIS SOUNDS INTIMIDATING, BUT I AM TRYING TO GET INTO A FRENCH UNIVERSITY HERE SO... FEAR NOT, FOR THERE IS (or there will be, very soon, I promise) AN ENGLISH VERSION BELOW👇

Timor, Indonésie


"Pardonnez-moi mon français" est une expression idiomatique italienne utilisée lorsqu'on tient des discours inappropriés ou utilise des gros mots. Dans mon cas, j'ai écouté un podcast qui était un compte rendu d'une expérience presque fatale, dans lequel on a vu un romancier italien et un romancier lyonnais. À cette toile d'araignée, j'ai ajouté de l'anthropologie, de la psychologie cognitive et un peu plus de littérature. Dans cette spirale, la seule indécence dont je m'excuse est le chaos de la matière.

Nos ancêtres: la littérature peut-elle nous mettre en péril?


Italo Calvino, romancier italien
 Récemment, pour améliorer mon français et me  préparer à une expérience universitaire en France, j'ai écouté un très bon podcast. C'était un entretien avec le protagoniste d'une aventure bizarre au Timor, dans l'archipel indonésien. Ce jeune homme désirait accrocher une montagne connue des habitants de l'île comme dangereuse ou, en d'autres termes, sacrée. La sacralité est anthropologiquement liée à ce qui fait peur et à ce qui est interdit (les bois et les forêts en constituent l'exemple majeur) ; deux habitantes sages l'avertissent de ne pas partir. Néanmoins, quelque chose contraste avec la peur ancestrale: son éducation, entièrement française, et ses lectures, dont il mentionne une seule en particulier: Le Baron Perché de l'écrivain italien Italo Calvino. Figurez-vous mon choc à l'annonce de cette information. Un roman italien qui a presque tué cet aventurier français. En bref, la situation se complique quand il se fracture la cheville et se perd pendant cinq jours, au cours desquels il risqué de mourir de soif. Il est forcé de boire son urine. Tout pour le baron perché, l'homme qui décide de vivre sa vie en s'accrochant d'arbre en arbre et de ne pas retourner sur terre.  Par la suite, le roman fait partie d'une trilogie que Calvino appelle "I nostri antenati", "nos ancêtres".

Antoine de Saint-Exupéry


Pendant le cours du podcast, une autre histoire revient à l'esprit: celle d'Antoine de Saint-Exupéry, qui a vécu une aventure sauvage et a risqué la mort par déshydratation.  Un extrait de son compte rendu est lu: un coup d'œil est donné sur la sensation extrême de soif, sur le passage entre le désir et le besoin vital, quand tout devient cette soif et rien n'existe plus; puis il y a les sensations corporelles : la langue dure, la gorge comme fermée. Le journaliste demande au jeune homme s'il connaît cette histoire.Il dit non, et je réalise que les protagonistes-auteurs n'ont pas besoin de s'« entrelire ».  Évidemment, peut-être qu'ils ont besoin de s'entraider, car le jeune homme, convaincu de lire finalement Antoine de Saint-Exupéry (par un extrait sur sa mort manquée et pas par Le Petit Prince!), même s'il a fait l'expérience du même, n'avait pas rendu l'idée aussi bien dans son livre.  Voici la culture qui se forme: l'expérience partagée, dans ce cas-là entre deux, mais ce pourraient être les Indonésiens ou les Parisiens comme peuple, se lie à l'invention d'un premier génie.  La littérature devient le vaisseau de tout cela.

Je me souviens de mes copains pendant les cours de littérature au lycée. Plusieurs étaient contraints à des études classiqueset reportaient leur frustration sur certains sujets, tels que la littérature italienne. Jeee me souviens d'un en particulier : il aimait dire que la littérature ne sert à rien et que, ses mots bien imprimés dans ma tête, "dans la jungle, tout ça serait pas utile".  R, peut-être que je vois plus que nécessaire dans cette histoire ; cependant, le grand contraste est là: entre ce qu'on lit et ce qu'on vit.  La littérature, elle nous est au moins quelque chose? Au Moyen Âge, " la littérature est encore (...) une affaire sérieuse ! On croit que les lettres peuvent changer les mœurs (...)" (comme Payes l'a bien dit, dans son "Histoire de la littérature française").Mais il faut aller encore plus à l'arrière, au commencement de l'espèce humaine, quand les premières histoires étaient racontées.  Au fil des années d'évolution, des mécanismes neurologiques se sont développés dans le cerveau, permettant à l'espèce humaine de traiter et de réfléchir efficacement aux histoires, comme l'observation de Le Hunte et Golembiewski (2014) sur l'évolution psychologique du storytelling humain.  Cette reconnaissance d'un "pattern" nous permet d'apprendre ou, dans ce cas-là, d'avoir un anti-modèle. Vous avez avoué que les protagonistes des histoires, notammentdans less contes d'horreur, prennent toujours les décisions les plus bêtes ?  Voilà ce que j'appelle le "sacrifice du protagoniste" : condamné à souffrir et à être magnifique, comme Robinson Crusoe lorsque son père lui dit que les risques de la vie sont réservés aux grands et aux fous.  Même si je me rends compte toujours plus que rien de notre processus cognitif n'est banal, je me suis surprise par la portée internationale de ce mouvement psychologique, tout parti d'un roman italien.

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